Interview Nadège Désir
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Interview Nadège Désir

Témoignage de Nadège Désir, adjointe aux centres sociaux de la Ville de La Rochelle et Conseillère départementale – Canton : La Rochelle 3

Bonjour Nadège, merci de bien vouloir témoigner de votre engagement avec les centres sociaux de La Rochelle et plus particulièrement avec Vent des Iles !

D’où vient votre engagement pour les centres sociaux ? Comment est née votre vocation ?

Je suis une personne très ouverte aux autres, j’adore le contact humain. J’en ai d’ailleurs fait mon métier, car je suis conseillère en insertion professionnelle et sociale : j’accompagne les personnes au quotidien dans leur recherche d’emploi vers une réinsertion professionnelle et sociale.

Le contact humain me plaît depuis mon plus jeune âge. Lorsque j’étais étudiante, je me suis engagée dans plusieurs associations, en tant que bénévole. Je pense avoir la « fibre sociale » !

Mon engagement politique remonte quant à lui à plusieurs années. À 20 ans et étudiante à la fac de droit de La Rochelle, j’avais une amie, également étudiante, qui était adhérente au groupe des jeunes socialistes. Elle m’a parlé de son engagement au sein du parti socialiste et ce que cela lui apportait au quotidien. Par curiosité d’abord, j’ai assisté à plusieurs réunions et j’ai ensuite rapidement adhéré. Mon engagement politique est venu comme cela, d’un hasard, d’une rencontre. Je me suis rendue compte que s’engager était intéressant car je pouvais être utile, j’avais l’impression d’avoir quelque chose à apporter. Mon entourage me le répète souvent, j’ai une forte envie de changer le monde, à mon échelle bien sûr, du mieux que je peux, avec les moyens que j‘ai au quotidien.

Il existe 7 centres sociaux à La Rochelle dont l’association Eole à Tasdon, nous (les élus de La Ville de La Rochelle) connaissons bien l’utilité de ces associations sur le territoire.

J’espère pouvoir apporter quelque chose et surtout cette envie, cette motivation et cette détermination aux centres sociaux : pérenniser, améliorer l’offre d’accueil, les accompagner sur le territoire, à notre niveau en tant que municipalité, et renforcer notre partenariat.

Quelles sont, selon vous, les valeurs portées par les centres sociaux ?

La solidarité, le vivre ensemble, l’écoute, la proximité. À La Rochelle, nous avons de la chance car nous avons 7 centres sociaux ce qui nous fait pratiquement 1 centre social par quartier. Cette écoute et cette proximité par rapport à la population est une vraie richesse. En tant qu’élus, même si nous essayons d’être les plus présents possible au quotidien, nous avons cette opportunité unique d’avoir les centres sociaux comme un relais auprès de la population, une richesse que nous souhaitons maintenir pendant très longtemps.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre rôle quotidien en tant qu’adjointe aux centres sociaux ?

En tant qu’adjointe des centres sociaux, je soutiens leurs projets. Par exemple, un dossier actuel qui nous tient particulièrement à cœur, c’est la construction du nouveau centre social et culturel Christiane Faure au centre-ville. Depuis deux ans, c’est un projet qui se concrétise et qui est désormais acté. Nous en sommes fiers et nous pensons que la population l’attend aussi avec impatience.

Il existe également le projet de rénovation urbaine (PRU) à Villeneuve-les-Salines avec la construction d’un nouveau centre social et bien sûr tous les projets des autres centres sociaux.

Être adjointe aux centre sociaux, c’est également faire le lien avec les autres collègues de la municipalité car dans un centre social, il y aussi la petite enfance, la jeunesse, etc. Il y a différentes activités et je suis, si l’on peut dire, le lien entre les centres sociaux et mes différents collègues. C’est un travail de collaboration avec les autres élus.

Que retenez-vous de cette année 2017 ?

Sur le plan national, 2017 était assez une année compliquée. En tant qu’élue, cela m’a vraiment marquée de voir Marine Le Pen au 2ème tour des élections présidentielles. On s’’interroge, on se pose des questions, c’était tellement improbable il y a 20 ans… Il y a des leçons à en tirer pour les années à venir, parce qu’on se rend compte aussi que des personnes qui votent Front National ne sont pas forcément des personnes qui sont racistes ou extrémistes, mais ce sont des personnes qui ne se sentent pas entendues. C’est une façon de montrer leur mécontentement et de voir si cela ferait « bouger » les politiques. Nous nous posons des questions sur notre action politique.

Plus localement, à La Rochelle avec les centres sociaux, 2017 était une année charnière avec la mise en place des conventions de 2016. Les choses sont maintenant bien enclenchées et je pense que nous aurons une année 2018 enrichissante. Nous allons partir sur de nouvelles bases avec des objectifs communs.

Nous avons également su mettre la population, les habitants, au cœur de nos discussions. Je prends par exemple le centre social de Mireuil : la population très jeune ne se sentait pas reconnue par les actions qui étaient menées au centre social. Les locaux ne permettaient pas de proposer une activité envers cette population. Cette année 2017 a été une année de discussions, nous nous sommes tous mis autour de la table afin de mettre en place des choses et dialoguer. En 2018-2019, nous allons partir sur un nouveau local consacré aux jeunes. C’est une partie de la population qui à prendre absolument en compte car ils sont les futurs adultes de demain.

Que souhaitez-vous pour les centres sociaux pour cette année 2018 ?

Depuis septembre 2017, nous avons un sujet qui nous pose questions, c’est la fin des financements des contrats aidés. En 2017, on parlait de projection mais là en 2018, c’est acté. L’année 2018 va permettre un échange avec La Ville, car nous sommes en plein dialogue sur ce que nous pouvons maintenir ou pas. À chaque fois qu’un partenaire financier se désengage, les associations font appel à la Ville pour compenser le manque financier. Ce n’est pas facile car notre dotation n’est pas extensible. Depuis 2014, d’année en année, on part à la baisse. Avec cette baisse annoncée et la fin des contrats aidés, comment continuer à maintenir l’activité dans les quartiers ? C’est une discussion que nous avons enclenchée depuis fin 2017. Nous espèrons tous trouver des solutions sur l’année 2018.

Quelle est, selon vous, la dynamique de territoire portée par la structure Vent des Îles ?

Le centre social et culturel Vent des îles est dans un quartier « particulier » car c’était un quartier classé en politique de la Ville  et qui ne l’est plus depuis deux ans. Même s’il n’est plus classé en politique de la Ville, cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a plus de difficultés. Le quartier change, de nouvelles familles se sont installées, mais les familles qui sont en difficulté sont toujours là. Et d’années en années, ces difficultés s’accroissent.

Ce n’est pas simple pour une structure comme Vent des Îles de travailler dans un tel quartier car il est plus difficile de maintenir ce qui existait avec les moyens qui ne sont plus. C’est un quartier à deux visages, on a l’impression qu’il y a un brassage de la population mais on se rend compte qu’il y a beaucoup de personnes qui viennent travailler et qui inscrivent leurs enfants dans les écoles à Laleu-La Pallice mais qui n’y habitent pas. C’est le sentiment que j’ai. L’enjeu de Vent des Îles est de faire participer ces familles, qui sont consommatrices et ne participent pas forcément au quotidien aux activités. Avec l’arrivée de Grégory (Grégory Rudeaux, directeur de Vent des Îles), nous avons remarqué une nouvelle dynamique au sein de la structure. Il apporte un renouveau. , nous apprécions de travailler avec lui comme cela avait été le cas avec son prédécesseur. C’est une chance pour Vent des Îles, Grégory vient d’une autre structure où il a mis en place des choses, il a de nouvelles idées et souhaite les mettre en oeuvre.

Merci pour ce beau témoignage, pour finir, que diriez-vous à quelqu’un qui ne connaît pas les centres sociaux afin de les présenter et de l’inciter à venir franchir la porte ?

Dans le terme « centre social », souvent on entend que « social » et je ne dirai pas centre social mais socioculturel parce que parfois le mot « social » peut faire peur. Il existe encore des préjugés comme par exemple, « je ne rentre pas dans un centre social car je n’en ai pas besoin » ou « parce que je ne suis pas un cas social », « un cassos » comme disent les jeunes.

Je dirai à cette personne qu’un centre social est un espace de vie, un lieu de richesse, c’est comme une deuxième famille, un espace dans un quartier où l’on peut trouver des activités, connaitre ce vivre ensemble, cette solidarité, cette entraide, c’est un lieu d’écoute et d’échanges. J’encouragerai bien sûr cette personne à pousser la porte du centre social !

Lien utiles :

Mairie de La Rochelle

Centres sociaux rochelais

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